Plombs, chevrotine et balle

Plombs, chevrotine et balle

Connaître ses munitions pour choisir juste

Le fusil de chasse est un outil polyvalent, mais sa polyvalence tient en grande partie au choix de la munition. À chargement identique, un canon de calibre 12 peut propulser une nuée de plombs fins pour la bécasse ou une seule balle massive pour le sanglier. Comprendre ces quatre grandes familles de charges, c'est comprendre la physique de la chasse.

La cartouche à petit plomb

La cartouche à petit plomb est une munition de chasse très courante, elle propulse des centaines de petites billes (plomb, acier, bismuth ou tungstène) d'un diamètre allant de 1,5 mm à 4 mm environ pour les petits gibiers.

On parle de plomb même si on tire de l'acier, c'est une convention de langage.

À la sortie du canon les billes forment une gerbe conique qui s'élargit avec la distance. C'est précisément cet étalement qui fait l'efficacité du petit plomb sur des cibles rapides et volatiles puisque le tir n'a pas besoin d'être millimétré.

Mais cet avantage est aussi sa limite : au-delà de 25 mètres, la gerbe chute et l'énergie des billes individuelles devient insuffisante pour un tir éthique.

Le choix de la numérotation est crucial, plus le numéro est élevé, plus la bille est petite, plus elles sont nombreuses et plus la portée utile est réduite.

Ce schéma (merci l'IA) est un peu caricatural mais suffisant pour comprendre, les plombs se dispersent avec la distance, rendant le tir plus facile sur une cible en mouvement puisque la zone couverte est plus large.

A noter : cette configuration permet aussi de chasser les volatiles en sécurité car les plombs retombent au sol avec une énergie presque nulle à moins de 100 mètres (à titre de comparaison une balle peut parcourir plusieurs kilomètre et rester dangereuse)

La cartouche à chevrotine

Même principe que précédemment mais cette fois avec quelques gros plombs (disons 9 plombs de 9mm de diamètre).

Chaque plombs disposant d'une masse et d'une énergie plus importante, il va plus loin et pénètre mieux dans le gibier, dans beaucoup de pays ces munitions sont utilisé pour le grand gibier (sanglier ; cerf) jusqu'à 30 - 35 mètres, cette cartouche est aussi un grand classique des survivalistes et autres preppers, en France sont usage est très réglementé à la chasse pour des raisons éthiques (la mort du gibier est moins soudaine qu'avec une balle), ce qui cause des prix assez élevés.

Après cette brève lecture, saurez vous reconnaitre sur les images précédentes les plombs "type grenaille" et les plombs "type chevrotine" ?

Le slug (en Français ... la limace ...)

Finito les petits plombs, cette fois ci un seul et unique projectile, massif, très énergétique, et redoutable.

(0,05g la bille de plomb grenaille n°9, 0,5g la bille de chevrotine n°00, 30g le slug)

Un seul projectile = pas de dispersion possible mais une énergie très importante jusqu'à 75 mètres capable de prélever n'importe quel gibier)

Attention, le projectile chute très vite et est facilement ralenti par l'air.

Vous verrez certains slugs rayés, il est facile de croire sert à le mettre en rotation, il n'en n'ai rien, ces rayures servent à lui permettre de se comprimer sous la pression, en langage courant : le slug se déforme si il passe dans un choke un peu trop petit (Voir notre article sur les chokes).

La confusion est entretenue par les fabricants et vendeurs pour des raisons commerciales, regarder une vidéo au ralenti (slow-motion) sur YouTube pour constater l'arnaque par vous même.

Vers l'infini et l'haut delà : les balles

Ce qui change avec une balle de carabine, c'est la rotation. La balle s'engage dans les rayures du canon et repart en tournant sur elle-même (effet gyroscopique), elle tourne donc elle reste stable sur toute sa trajectoire.

Conséquence directe : un slug vous lâche vers 60–80 m, une balle touche au but à 150, 200, 300 m sans problème. Et sa trajectoire est plus tendue (elle chute moins vite), donc moins de correction à apporter.

Le choix du calibre définit l'usage.